Ecole Privée des Techniques Economiques et Commerciales
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Une mémoire à preserver

La mémoire un véritable trésor.

J’adore frôler  du regard les immeubles art-déco de Casablanca. L’harmonie architécturale qu’ils dégagent est magnifique. Je ne me lasse pas de les admirer, beaucoup d’entre nous ne les remarquent même pas, moi je les voie, leur présence constitue une preuve d’un certain sens de l’esthétique, (ce n’est pas grave si la grande partie de ce patrimoine a été construite par le protectorat  français, il n’en reste pas moins marocain) qu’on avait naguère et qu’on a perdu avec le temps.

Le penchant, pour ces bâtiments reflète l’attachement à notre patrimoine, qui représente à mes yeux une richesse historique indéniable, dont on commence à être privé de nos jours. Or maintenant,  on peut constater facilement le développement urbanistique de la ville, qui a totalement coupé avec la régularité architecturale du début du siècle dernier.

L’absence d’un schéma directeur a donné lieu à un désordre urbain flagrant, sans parler des bidonvilles. Les habitations et les bâtiments construits dans les périphéries, en disent long sur l’absence totale de coordination et de professionnalisme. Des autorisations de constructions distribuées au grés de la volonté de certains agents d’autorités véreux. Pour quelques ‘bakchichs’ on a vu des habitats hideux proliférer dans toutes les zones périphériques de Casablanca. Prenons ‘Mediouna’ par exemple les bâtiments visibles sur la rocade, reliant Rabat à l’aéroport  Mohamed V  ressemblent à une zone carcérale, d’une laideur monstrueuse,  des bidonvilles construits en dure.

l’autoroute périphérique nous révèle, aussi des immeubles de deux trois étages, bâtis comme des boites d’allumettes, peints de différentes couleurs, au hasard et au goût des habitants. Aucun souci d’harmonisation , aucun sens de l’esthétique. L’essentiel c’est qu’il y ait deux étages, plus magasin au rez-de-chaussée.

Aujourd’hui on se retrouve avec un patrimoine exécrable, qui abrite un bon pourcentage de la population casablancaise et qui ne connaîtra jamais d’amélioration. De mauvaises décisions prises à un moment de l’histoire de la ville, qui ont des conséquences néfastes sur l’avenir urbain de notre cité.

Même dans le centre urbain actif de la ville, l’exemple des deux Boulevards  Anfa et Al Massira,  ou la laideur de certains immeubles est réelle,  surtout depuis qu’on a procédé à l’abattage des arbres et on à mis en évidence ce triste panorama . Maintenant tout est visible, des bâtiments d’une architecture qui passe du moderne à l’ancien, sans respect d’un design bien définis, joliment réfléchis. De belles villas ont été démolies pour céder la place à des bâtiments, qu’on appelle ‘haut standing’ collés les uns aux autres, pour ne rien céder a la verdure, qui n’est pas rentable, pour certains esprits malades de gain. Le vis à vis est, tel qu’on peut voir l’intérieur de la chambre à coucher du voisin. Ce qui me révolte, en plus c’est que le prix au m2 est grossièrement élevé. Cette façon d’exploiter le périmètre urbain, est tout sauf citoyenne, elle est fondée sur le profit à mille pour cent, la spéculation à outrance. Elle vise l’enlaidissement graduel de la ville et sa privation de tout espace vert susceptible de lui rendre son attractivité environnementale et rehausser sa beauté architecturale. La ruée vers le foncier à Casablanca est une vraie machine de guerre contre la ville et ses habitants.

Je suis convaincue, que si on avait pratiqué une politique urbaine conséquente et responsable, nos concitoyens dans les périphéries, auraient habité des bâtiments plus esthétiques et plus aérés. Si on avait réfléchis à moyen et à long terme, on avait inclus la donne harmonie urbaine dans notre politique de la ville, exigé la création de zones vertes et interdis l’abattage des arbres, la vie serait plus supportable et moins étouffante à Casablanca, aujourd’hui.

Depuis quelques temps on commence à parler de la politique de la ville, je ne veux pas être pessimiste, c’est un peu tard pour redresser la barre. On commence à construire des résidences organisées, incluant  tous les besoins (école, mosquée, etc..) des habitants.  Mais que fait on du passif urbain omniprésent, un passif désordonné,  stérile non négligeable, qui nous saute aux yeux?

Malheureusement, on revient toujours sur une même notion, celle de la responsabilité morale, celle de l’altruisme et du civisme, celle de l’Éthique citoyenne, qui nous fait souvent défaut.

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