Ecole Privée des Techniques Economiques et Commerciales
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Renouveller son permis de conduire, une saga

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Le deadline du renouvellement du permis de conduire est le 31 décembre 2012. Je me suis donc attelée à cette tâche avec un sentiment d’appréhension. J’ai regardé dans le site du Ministère, j’ai trouvé effectivement les documents à fournir sans plus ( ou se procurer les dossiers à remplir, comment, où se présenter, rien, etc..). J’ai aussi trouvé la liste des médecins privés de certaines régions du Maroc, sans trouver la région du grand Casablanca, un oubli impardonnable.

Habitant à la préfecture Casa-Anfa, le seul hôpital public à ma connaissance est ‘Moulay Youssef’ ou ‘Sid Souffi’ pour beaucoup de Casablancais. Je me suis dirigée vers cet hôpital sans trop de conviction. Arrivée dans le quartier, je demande à un jeune passant où s’effectuent les visites médicales, pour le renouvellement du permis. Il a été gentil de m’indiquer. C’est un service séparé de l’hôpital à quelque 150 mètres de celui-ci. J’entre et je vois une foule de gens ‘attroupés’ devant une sorte de réception, aucune affiche, aucune indication.

Je demande à un concitoyen de me renseigner. Il me dit brièvement qu’il fallait que j’aille payer avant, alors que c’était l’inverse. Enfin à l’extérieur j’apprends qu’il fallait acheter deux formulaires bleus, les remplir, légaliser la signature, faire une copie certifiée conforme de la CIN et venir passer la visite médicale. Je décide de procéder par étape, et revenir le lendemain. En effet, je reviens le lendemain avec les papiers dûment remplis et signés.

Au fait, les heures d’ouverture du service médical sont de 8 h à 13 h.

Je me présente de nouveau à ce service. La même scène de la veille, un brouhaha infernal, des gens semblaient attendre quelque chose, comment, quoi ? Ce n’était pas clair. Je m’adresse de nouveau, à un monsieur qui attendait, pour m’expliquer le procédé, il  le fait gentiment.

Après avoir patienté vingt minutes dans une file, c’était mon tour, un infirmier me passe un genre de ‘test oculaire’. Une affiche collée au mur d’un couloir avec des ‘E’ dessinés dans tous les sens, je m’assois sur une chaise à l’autre bout du couloir et à l’aide d’un bout de carton, pour fermer un œil, je dois faire des signes de la main pour indiquer le sens des ‘E’. Une fois ce ‘test’ terminé, on nous demande d’aller payer et revenir. Cette scène me donne un avant-gout de ce qui m’attendait..

À l’hôpital Moulay Youssef, les choses se passent plus facilement, je paye et je retourne avec le récépissé.

J’arrive au service médical, il était 11 h 15, je vois un jeune homme protester, parce qu’on lui a refusé la visite médicale, prétextant que le service est terminé.

L’infirmier chargé de mettre un cachet sur les dossiers, qu’il remet au médecin, refuse de poursuivre le travail.

Je commence à m’énerver, le tiers-mondisme commence à me monter à la tête, je lui demande de s’occuper de mon dossier, car j’avais fait tout le nécessaire. Il me regarde et me dit qu’il ne pouvait pas, le médecin lui a donné des instructions fermes, de ne plus accepter de dossier. Tout en me parlant, il continuait à mettre des cachets sur d’autres dossiers de gens autour de lui, qui apparemment lui ont donné du ‘bakchich’.

J’étais scandalisée, par son attitude, je lui fais remarquer que nous sommes tous citoyens et que lui est un fonctionnaire, qui devait accomplir son travail et qu’il est hors de question que je lui donne du ‘bakchich’. Pendant ce temps, les deux autres infirmiers de service profitent du désordre, ôtent rapidement leurs blouses, et s’éclipsent. Il était à peine 11 h 30.

La scène, qui se passait devant mes yeux est digne d’un cirque sans chapiteau.

Le médecin, me lance au visage, que c’est normale et que si j’avais été à sa place (tout ce qu’elle fait c’est resigner et recacheter les dossiers, sans plus) j’aurais fait la même chose. Elle continue sur sa lancée et nous reproche à tous de ne pas aller chez des médecins privés, elle ne peut tolérer ce désordre et ce chaos, chaque jour.

Enfin de compte ne voulant pas que les choses s’enveniment, elle donne l’ordre à l’infirmier de lui remettre le reste des dossiers.

L’attitude du médecin m’a offensée, mais le comportement non solidaire et égoïste de mes concitoyens m’a choquée, encore plus.

Chacun voulait régler son petit problème, et partir sans se soucier des autres. J’ai constaté que beaucoup de mes concitoyens se font tout petits pour atteindre leur objectif. Personne n’est prêt à défendre la cause commune.

En tout cas, le médecin a fini par me recevoir, elle était aimable, mais excédée par ce travail ingrat et purement bureaucratique.

Je lui dis que nous aussi sommes tous outrés par ce manque flagrant de procédure efficiente, qui fait qu’un simple renouvellement du permis de conduire devient une sorte de galère interminable.

Tout en attendant de passer chez le médecin, j’apprends que la saga n’est pas finie et qu’avant d’aller déposer la demande auprès du service des mines, il fallait remplir et légaliser un autre dossier rose et aller et s’acquitter d’une somme auprès de la perception.

To be continued..

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  1. khadija chami

    En fin de compte tu es tout simplement en train de leur tracer cette fameuse procédure qui fait défaut dans le système ! il suffirait juste de l achever jusqu’ au bout, de la formaliser et de la diffuser Bon courage et bonne obtention du mini permis kh Chami

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