Ecole Privée des Techniques Economiques et Commerciales
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Les crues de Oued Bouskoura

: « Les différentes crues de l’Oued Bouskoura ont occasionné des dégâts importants cette dernière décennie.
Un appel d’offres a été lancé pour la réalisation d’une étude de protection de la ville de Casablanca contre les crues du fleuve.

Il n’est de pire eau que celle qui dort, dit-on. La formule sied à merveille à l’oued Bouskoura. Ce fleuve constitue en fait l’une des menaces majeures qui pèsent sur la métropole. Le danger réside dans le fait que la ville de Casablanca est construite sur le lit naturel de l’oued Bouskoura.

Le lit traversait, dans le temps, la ville d’est en ouest, avant de se jeter dans l’océan au niveau de l’ancien port de pêche, exactement là où se situe, aujourd’hui, la gare ferroviaire Casa-port. Depuis le temps, les constructions ont poussé ça et là, obstruant par là même le tracé du fleuve. De nos jours, la route d’El Jadida, le quartier Maârif, le boulevard Roudani, le Parc de la Ligue arabe, jusqu’au boulevard Houphouët-Boigny, se situent sur le parcours naturel de l’oued Bouskoura. Qu’adviendrait-il de la ville en cas de crues sévères ?
Les dégâts causés par les dernières inondations, au milieu des années 90, sont toujours présents à l’esprit. Les eaux avaient alors submergé l’École Hassania, le club de l’OCP et plusieurs édifices dans la zone de la route El Jadida. Depuis cette époque, plusieurs voix se sont élevées et n’ont cessé de souligner l’urgence de trouver une déviation pour l’oued vers l’océan. Rien n’aurait cependant été entrepris depuis cette époque. 15 ans plus tard, le scénario catastrophe allait se répéter encore une fois, en novembre 2010.

Ainsi, les crues de l’oued Bouskoura, survenues en 1995 et celles du mois de novembre 2010, occasionnant des dégâts considérables au niveau du Grand Casablanca, ont démontré l’urgence de mettre en œuvre une solution visant à trouver une voie d’évacuation des eaux de l’oued vers la mer, vu que son parcours naturel a progressivement disparu avec l’urbanisation. La solution envisagée consiste en la réalisation d’un tunnel, partant de la route El Jadida et débouchant en mer, sur une longueur d’environ 7 km et une profondeur moyenne de 20 mètres. Le tracé de cet ouvrage, appelé «Super Collecteur Ouest» (SCO), se déploie presque exclusivement sous les grandes artères du secteur ouest du périmètre urbain de Casablanca et rejoint la mer à proximité du marabout de Sidi Abderrahman.

Le SCO doit être dimensionné pour permettre le passage d’un débit de 100 m3/s sans surcharge, à une vitesse d’écoulement voisine de 7 m/s. Il serait dédié au transit des eaux pluviales et pourrait recevoir également l’assainissement pluvial des quartiers traversés, ainsi que celui du projet de l’aéroport d’Anfa.
Un appel d’offres a été lancé en ce sens par le secrétariat d’État chargé de l’Eau et de l’Environnement, dont l’objet est de réaliser une étude de protection de la ville de Casablanca contre les inondations de l’oued Bouskoura. L’objet de l’étude est de définir un tracé optimal pour le tunnel. Il est ainsi question de mener les investigations nécessaires par les forages carottés et les essais de laboratoire adéquats, permettant d’avoir une connaissance satisfaisante de la nature et de la qualité des terrains traversés. De même, il s’agit d’élaborer un dossier détaillé de l’ensemble du projet, y compris les ouvrages en amont et en aval, ainsi que les connexions pour la collecte des débits intermédiaires. Le marché vise également la réalisation d’une étude d’impact environnementale et paysagère pour l’intégration du projet dans le contexte urbain de la zone concernée par l’aménagement.

Pour l’instant, les crues de l’oued Bouskoura restent rares. Ceci est dû à l’existence de plusieurs dénivelés naturels dans son bassin versant. Ces dénivelés retiennent naturellement les eaux de pluie et les empêchent d’atteindre la ville. Cependant, en cas de pluies diluviennes, il y a risque de saturation de ces protections naturelles et, en conséquence, les eaux de pluies se déverseraient automatiquement sur la métropole, avec tous les risques d’inondation que cela suppose.

Optimisation du tracé
L’une des missions qui incombent à l’étude est d’examiner les différentes solutions pour le tracé du tunnel, sachant que le point de départ se trouve à l’amont immédiat de la RN1. La connexion pour le drainage des eaux pluviales du projet de l’aménagement de l’aéroport d’Anfa sera intégrée dans cette étude. L’ensemble des tracés envisagés, leur comparaison et le choix de la variante retenue devront être soumis à approbation. Dans le cadre de cette mission, il est question d’établir les relevés topographiques nécessaires relatifs à la variante retenue.

Par AbdelHakim Hamdane
LE MATIN du 20.10.2011 »

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